philosophie

Humeur

Dans La Tempête, Shakespeare rêve d’un monde réconcilié avec lui-même. La tempête est elle-même le facteur de vérité de cette nouvelle alliance de l’être humain avec lui-même, sur une terre elle-même pacifiée. Mais c’est une tempête qui s’est inversée. Jadis, elle avait détrôné Prospéro au profit de son frère Antonio et l’avait fait « échouer » sur une île où Caliban régnait en maître. Celui-ci qui portait l’anagramme de Caïn et d’Abel en guise de nom, représentait le barbare après qu’il avait ...

Ce qu’en l’an 2011 « résister » veut dire

Au début de cette année, que je vous souhaite la plus heureuse possible, je voudrais vous dire, à vous qui ne confondez pas votre puissance d’agir avec le désir de domination (je doute que les autres lisent mon blog) que c’est lorsque tout semble joué, qu’alors, et alors seulement, « résister » prend tout son sens. Ce que j’entends par « lorsque tout semble joué » concerne ces situations où tout dépend physiquement du dominant. C’est notamment le cas de l’état géopolitique mondial multipolaire ...

Même, Autre, Étranger

Dans « Les trois erreurs de Nicolas Sarkozy » (Le Monde, du 4 août) Bernard-Henri Lévy conclut son article, à propose des Roms, en ces termes : « éviter le piège, cesser de faire assaut de déclarations fracassantes, prétendument viriles et qui ne font, je le répète, que souligner l’impuissance des Etats, sortir, en un mot, du rang des matamores et de leur bouillante passion pour la rivalité mimétique et l’esprit de revanche – et s’en aller fouiller dans l’autre corps, celui qui, selon l’historie...

Vous appelez ça : « penser » ?

Dans Ce quelque chose de juif qui résiste (Editions du Bord de l’eau, 2008), j’écrivais : « C’est peut-être parce qu’ils ont été pris de panique devant cette auto-dévoration du désir philosophique que Barbara Cassin et Alain Badiou se sont désolidarisés « de la notice biographique qu’ils ont demandé à Pascal David de rédiger », à l’occasion de la publication d’Introduction à la métaphysique (livre de Martin Heidegger/nda) (Points-Seuil 2005). Dans cette notice, David nie, contre l’évidence même ...

La philosophie dans la bouderie

Rey a écrit, je l’ai publié sur mon site, qu’Onfray vivait à l’école du ressentiment. Je crois qu’il aurait pu ajouter : « et de la rancune ». Roudinesco a tort : il ne s’agit pas de haine, mais de rancune. La haine est clivée. Quel est l’objet de cette rancune ? De n’avoir pu utiliser la psychanalyse pour justifier son propre rapport au réel. La récente controverse autour de son livre sur Freud m’a conduit à relire son Traité d’athéologie. C’est évident. Il y a du dépit. Onfray avait cru pouvoi...

« A l’école du ressentiment avec Michel Onfray », par Jean-François REY, professeur agrégé de philosophie à l’Université d’Artois/IUFM

En parfaite cohérence avec les cours qu’il dispense dans sa propre Université Populaire, Michel Onfray poursuit son combat contre le spiritualisme, l’idéalisme, le « judéo-christianisme » et le platonisme. Dédiant son dernier livre, Le crépuscule d’une idole, à Diogène de Sinope, il se livre à la destruction « à coups de marteau » de l’idole moderne, « l’affabulateur » Freud, selon l’épithète qu’Onfray lui inflige. On est invité à comprendre que Freud représente à ses yeux un avatar supplémentai...